Vivre le Ramadan à Dar Es Salaam (Tanzanie)

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Voyager pendant le Ramadan (en Tanzanie ou ailleurs) n’est pas chose facile pour beaucoup de voyageurs. Certes, la vie dans les pays musulmans, à cette période de l’année, est quelque peu chamboulée, mais ce n’est qu’un léger désagrément, comparé à l’atmosphère qui règne durant ce mois béni. Partage, bienveillance, humanité, entraide, sont autant d’attributs pouvant aisément définir ces 29 (ou 30 jours) de jeûne. Planifier un voyage pendant le ramadan c’est se donner la chance de découvrir un pays différemment, se laisser porter par les rencontres et partager le quotidien des habitants.

Mariam, Djibril et leurs deux enfants (Nedjma et Ishak) nous partagent aujourd’hui, le récit d’un mois béni extraordinaire, à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Une aventure pleine de rebondissement, qu’ils n’auraient certainement jamais imaginé vivre. N’hésitez pas à les suivre sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram) ainsi que sur leur chaîne Youtube et leur blog.

Retour sur une expérience humaine exceptionnelle.

Le Projet Banafrika

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Crédit photo : Banafrika --- Mariam, Djibril et leurs deux enfants

Ils ont quitté la France au mois de décembre 2020, pour rejoindre le Maroc. Initialement, ils devaient ensuite traverser les frontières Mauritaniennes, puis Sénégalaises et ainsi réalisé le grand tour d’Afrique… Découvrir un continent méconnu, partir à la rencontre de ses habitants et venir en aide aux nécessiteux, voici les leitmotivs de ce long périple, pas comme les autres. Seulement la pandémie mondiale aura eu raison de leurs plans. Dépités, ils réfléchissent alors à de nouvelles solutions, leur permettant de poursuivre cette aventure sur le continent africain. En mars, toute la petite famille s’envole pour la Tanzanie, un pays fascinant et intriguant à bien des égards.

L'arrivée à Dar Es Salaam, quelques semaines avant le Ramadan

Une chaleur écrasante nous accueille gentiment à l’aéroport. Les gens stressent et se bousculent pour passer le service de l’immigration. On se dirige vers la sortie le sourire aux lèvres, avec un sentiment de satisfaction. On passe quelques jours à Zanzibar parmi les locaux, dans la demeure de l’homme qui est devenue notre ami. On découvre avec eux leurs habitudes, leurs coutumes, et leurs vies qui parait si paisible malgré la difficulté. On décide peu de temps avant le ramadan de se rendre à Dar es Salaam sans aucune raison. La ville nous manque peut-être un peu.

Le début du Ramadan en Tanzanie

On commence le ramadan seul, on décide de rompre le jeune à la mosquée pour se sortir de cette solitude. On prend le temps de chercher l’endroit qui nous plaira, pour les 30 prochains jours. Nos journées sont rythmées entre les promenades, le repos et la préparation des repas à la maison. On décide de rendre visite à un orphelinat, chose qui nous manque énormément. La rue est étroite, les enfants jouent et nous saluent, les gens préparent déjà le repas à l’extérieur, on arrive devant cette maison où une dame âgée joue avec une petite fille et nous invite à rentrer « karibu » (En swahili, karibu signifie bienvenue). Les mains vides, on arrive doucement, et timidement. L’échange fut bref. On explique qu’on aimerait passer quelques jours en leur compagnie, et elle nous invite rapidement à nous joindre à eux pour le repas du soir. On s’aperçoit que les enfants sont nombreux, on ne savait à ce moment pas que notre ramadan allait être autant chamboulé.

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Crédit photo : Banafrika --- Rupture du jeûne à l'orphelinat

Solidarité et action pendant le mois de Ramadan en Tanzanie

Le lendemain on se confie à nos amis sur les réseaux sociaux, afin qu’ils nous aident à construire de belles choses. On explique la situation sur place, on ressence les besoins de l’orphelinat… Les retours sont nombreux et favorables. On reçoit un nombre incroyable de message, nous demandant de participer financièrement. Face à cette vague de solidarité, on accepte et on se prête au jeu.   On commence par fournir les denrées alimentaires, qui permettront de nourrir 50 personnes. Plus les jours passent et plus le nombre de bénéficiaire, sur place, augmente. À la fin du mois béni, plus de 300 personnes se joignent à nous, chaque soir, pour rompre le jeûne avec un délicieux repas.

Les enfants jouent et crient, les adultes s’agitent pour les préparatifs, chaque soir avec le repas les enfants assis dans la madrassa récitent des sourates et multiplient les invocations. Ils demandent à Allah la facilité, la guidée, et le remercient pour la journée passée. On est vite pris d’amour pour ces enfants. Des êtres innocents, qui malgré leur jeune âge font face à tant de difficultés mais qui ne cessent de remercier Dieu pour la vie qu’IL leur a prêté.

On se lie d’amitié, on apprend leurs prénoms et on les découvre chaque jour un peu plus (caractère, force, faiblesse…). Les journées passent tellement vite en leur présence.

L’odeur des chips (frites maison) na koukou (poulet frit) embaume les rues où les gens se saluent sans même se connaître, les rires se mélangent à l’appel à la prière et aux klaxons des conducteurs pressés. Les panneaux lumineux souhaitant un bon ramadan aux musulmans nous éblouissent et nous donnent le sourire aux lèvres. Ni la pluie, ni la chaleur ne fait grimacer les habitants. Un air de fête règne sur la ville, et on aime ça. On se sent comme dans une grande famille cosmopolite. Les chrétiens souhaitent un bon ramadan aux musulmans, parfois ils viennent manger avec nous, et on est surpris par cette bonté, cette humanité, cette tolérance. On en apprend plus sur le mode de vie Tanzanien. Les gens s’aiment et se soutiennent, couleur, origine, religion rien ne fait obstacle à des gestes bienveillants. On aime cette multiculturalité, et cette humanité. À mesure que les jours passent, la volonté d’apporter joie et amour à cette communauté grandit.

Retrouvez les autres récits de la chronique "Vivre Ramadan à l'étranger"

Passage à l'étape supérieure

On décide de se renseigner sur les prix des terrains et on se lance dans une folle aventure : construire un nouvel orphelinat pour les 41 enfants (vivant actuellement dans 4 chambres exiguës). Après avoir cherché, on en parle encore une fois à nos amis (sur les réseaux sociaux), qui ne cessent de nous surprendre. En moins d’une semaine seulement, nous réunissons à financer le terrain entièrement.

On annonce la nouvelle quelques jours avant la fin du ramadan à « la mama » qui s’occupe de l’orphelinat. Les larmes coulent sur ses joues, et sa joie immense nous transperce. On reste dépassé par les évènements. On ne connait pas ce pays mais on l’aime déjà comme s’il faisait partie de nous. 

Dernière soirée du Ramadan à Dar Es Salaam

Les soirées passent et les gens défilent près de l’orphelinat. Les enfants ici ne sont pas oubliés. Des sacs de riz, des vêtements, des jouets. Les gens courent presque pour apporter un peu de réconfort pour ces petits amours. Encore une fois, les Tanzaniens ont le cœur sur la main.

Dernier jour, les enfants attendent patiemment la vue du nouveau croissant lunaire, annonçant la fin du mois de jeûne et la fête de l’Aïd. Tous, à tour de rôle, regardent au loin et sautent de joie en laissant la place à d’autres qui s’émerveilleront aussi à la vue du croissant. Les adultes rient et les enfants dansent : Le ramadan est terminé. Cette ambiance nous émeut, jamais nous n’avions pris le temps d’observer la lune. C’est habituellement notre téléphone qui nous informe du jour de l’Aïd. On prend plaisir à observer les enfants sautiller de joie, et les adolescentes appeler les plus grandes. Un cortège indescriptible qu’on rêverait de revivre chaque année.

Le voyage et les projets en Afrique se poursuivent avec la famille Banafrika

Grâce à leur détermination, leurs sourires et le soutien de leur communauté, la famille Bana Afrika a d’ores-et-déjà finalisé les démarches administratives pour l’acquisition du terrain, au nom de l’orphelinat. Il vous est toujours possible de faire un don (le lien de la cagnotte est disponible ici) afin de financer la construction du bâtiment. Cette famille simple, au grand cœur, incarne une nouvelle manière de voyager où la rencontre et la bonté sont au cœur de l’expérience.

Je vous invite chaudement à rejoindre leur aventure via les réseaux sociaux et à visionner leurs vidéos. Vous apprendrez à les connaître, découvrirez des pays authentiques et vivrez par procuration, ce tour d’Afrique qui leur réserve, j’en suis sûre, de belles surprises.

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